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« Le cadre « idéal », aujourd’hui, doit prendre des initiatives, assumer des risques, décider «vite et bien ». Il doit être capable de transformer une idée en une réalité économique profitable. »

   Alain Fayolle (Professeur à l’EM Lyon)

Aujourd’hui, il est commun de dire que l’environnement des entreprises est devenu plus incertain, plus complexe, plus turbulent. L’émergence des pays sous-développés (80 % de la population mondiale) dans des marchés de plus en plus mondialisés constitue une pression concurrentielle supplémentaire pour les entreprises des pays développés. Les entreprises de ces pays s’appuient sur des stratégies industrielles très ciblées, des alliances opportunes et des avantages comparatifs décisifs pour pénétrer et dominer rapidement des marchés globalisés.

Sur un autre plan, un second facteur de transformation de l’environnement joue un rôle de plus en plus important. Il s’agit de la technologie. Depuis trente ans, nous assistons à une véritable « explosion technologique ». Ce mouvement touche toutes les activités économiques et humaines. De nouveaux produits, services, procédés, apparaissent chaque jour et disqualifient rapidement ceux auxquels ils viennent se substituer. L’accélération du rythme des innovations est évidente.

Malgré cela, il est difficile de garder très longtemps un avantage concurrentiel d’essence technologique, car la vitesse d’imitation semble s’accélérer dans les mêmes proportions. L’explosion technologique, combinée à l’expression de nouvelles exigences des consommateurs et utilisateurs, qui demandent de plus en plus de produits « uniques » et personnalisés, contribue à réduire sensiblement le cycle de vie des produits et des procédés.

Dans ces conditions, les entreprises doivent, pour maintenir ou améliorer leur compétitivité, développer de nouvelles aptitudes et stratégies. Cette nécessité correspond pour nous, à une double problématique stratégique :

La création d’une capacité d’innovation permanente, seule capable, à travers la promotion du changement, de développer l’innovation et de favoriser l’émergence de nouvelles activités dans des organisations existantes. La capacité d’innovation permanente doit être le dispositif principal de création de nouveaux gisements de richesse et de valeur pour les clients actuels et futurs de l’entreprise.

La création d’une capacité de réaction instantanée, seule capable, à travers la flexibilité de l’organisation et des structures, de donner à l’entreprise la possibilité de repérer, dans ses marchés traditionnels, ou ailleurs, de nouvelles opportunités ou des changements significatifs. Le développement des réflexes de l’entreprise permettra à cette dernière de se doter d’une faculté d’adaptation permanente et de saisir des opportunités le plus tôt possible.

Cela passe par la mise en place et le fonctionnement d’une organisation « plate » et décentralisée. A cette condition structurelle, il convient d’en ajouter une, culturelle, qui passe par l’encouragement de l’initiative et de l’esprit d’entreprise et par l’octroi d’espaces de liberté aux hommes. Cela revient à faire confiance aux hommes plutôt qu’aux systèmes.